Les dents et les griffes maculées d'écarlate sueurs. Tantôt tapis, tantôt vainqueur.
Prends, Terre, cette aumône du guerrier. Accepte un don jadis enfant de tes entrailles. Toi seule est notre véritable religion.
Sanguin, le héros ne craint pas la mort.
Arabesques instinctives. Le vent fait vibrer les longues et puissantes moustaches, compagnons des terribles épopées nocturnes.
Chat se repose. Maintenant indifférent à sa nature d'être supérieur. Coussinets roses éclos dans la poudre pelucheuse d'une patte jadis sauvage. Les rayures de son corps se mouvent, indolentes, sous la caresse de l'ombre végétale. Car la vigne, ancienne féline, aime à chouchouter la bête. Les yeux fermés en angle droit, triangle d'oreilles, le corps rond et les pattes en ovale étiré, Chat rêve d'un monde où il n'est pas un dieu.
Septembre- octobre 2009