
Il fait chaud... et je pense à Saint John Perse. Aucun souffle qui vienne rafraîchir le corps alanguie. La chaleur alourdit les mouvements et les rend presque douloureux. L'ombre s'efface devant le règne de la lumière. Les pieds dans le vide, je suis assisse à la fenêtre. Les rayons de l'astre s'enroulent autour de mes jambes nues. L'expression « au bord du gouffre » n'a jamais été aussi vraie qu'aujourd'hui. Et ce gouffre, c'est l'été. Un cigarillo grille presque doucement entre mes doigts. J'aspire la mort. Elle me brûle la gorge, sèche ma langue et tape contre mes dents. J'entrouvre les lèvres. La fumée opaque forme des arabesques au-dessus de ma tête. Le chat insolent griffe l'air et éparpille mes pensées. Bientôt viendra le soir et les cris des hirondelles. Les familles se promèneront dans la fraîcheur de la forêt. Les enfants riront en jouant avec les rayons du soleil qui meure... qui meure... qui meure... sans cesse...
(début mai)