Chapitres

mercredi 28 février 2007

Gémeau?


Charnellement orgasmique
Caresses électriques
Un train pathétique
Sur ses rails diaboliques


Impudiques, les sons se déshabillent devant moi. Mais Mo résiste à mes assauts. Ardeur glaciaire. C'est l'air. C'est l'heure. Arriver à temps. Claquement de dents. Du bout des doigts, tes lèvres. Sous mon toi, tu te libères. Mon souffle chaud sur le velours de ton ventre. Encore essoufflées, à peine refroidies, Mo s'allonge sur notre lit. Elle garde jalousement ses trésors. Lâche sur nous ta poussière! Dormeurs formidables! Exilés d'une époque. Certains ronflent, enfin en paix. D'autres râlent d'être prisonniers. Quatre planches de bois. Une pierre froide. Quelques pages éparpillées dans l'éternité. Votre renommée, parfois, ne tient qu'à un fil. Celui de notre encre. Poètes d'aujourd'hui. Regrettant les anciens et leur testament poétique. Elle ne tient qu'à un fil. Celui de leurs ongles qui tracent sur ma peau, sans répit salvateur, les mots rouges de vos fantasmes. Elle est là près de moi, celle qui m'inspire ses mots. Charnelle évanescence. Moitié-femme. Moitié-Mo.

(22 Février 2007)

samedi 24 février 2007

le Déjeuner de la Vengeance


Que l'expression "la vengeance est un plat qui se mange froid" est utile! Elle justifie la lâcheté des gens qui l'utilisent. Puisqu'ils n'ont pas su contre-attaquer rapidement ou trouver un mot d'esprit qui aurait désarçonné l'ennemi, ils décrètent, par cette seule phrase et comme si elle était le destin même, qu'ils seront vengés.
Non, la vengeance n'est pas un plat qui se déguste froid. Au contraire. Il faut le manger quand il est encore chaud.
C'est comme un morceau de pain grillé. Il est parfois si brûlant que vous avez du mal à le garder plus de trois secondes dans votre main. Étalez dessus le beurre de l'impatience et laissez-le fondre. Il s'insinue dans tous les petits cratères de la tartine. Mais que serait la vengeance sans la confiture du désir? Élastique et sucrée, elle coule du morceau de pain et s'écrase en grosses gouttes molles sur la table.
Le meilleur, pourtant, est encore de boire la vengeance. Elle est un chocolat chaud dont la mousse de la culpabilité s'évapore sur vos lèvres. Son odeur douceâtre vous fait oublier la honte. Comme de la haine liquide, elle brûle votre langue et coule avidement dans vos veines.

(début 2006)

Poème publié dans le deuxième numéro du webzine Vers à Lyre.

mercredi 21 février 2007

à l'Inconnue


Elle n’avait pas les gestes de celle qui m’a abandonnée
Le sourire de ma mère ne se reflétait pas sur sa bouche
Et son regard ne ressemblait en rien à celui que j’ai aimé
Un ange n’aurait pas été plus beau ni plus mystérieux.
Elle se tenait simplement dans la lumière timide du soleil tardif
J’étais assisse à côté d’elle et le train semblait m’amener au paradis.
Ses gestes, son attitude, sa façon d’être, tout en elle invitait à la volupté, à la tendresse.
Je l’aurais prise dans mes bras, même sans la connaître, aurait –elle été seulement surprise ?
Nous nous étions déjà rencontrées. Je le sentais. Et les regards rapides qu’elle me glissait ne pouvaient me tromper.
Elle avait l’âge d’une mère mais son parfum était celui d’une femme.
Des notes poivrées de musc caressaient mon âme à chaque secousse du train.
Mais déjà, il fallait que je descende. Quand elle me vit prendre mon sac, elle ouvrit la bouche. Je la regardais, impatiente d’entendre le son de sa voix. Puis elle se ravisa.
J’étais enfin sur le quai quand une main se posa sur mon épaule. Elle était là. Magnifique et tendre créature, elle me regardait comme personne n’osera plus jamais le faire. Elle déposa alors un unique baiser sur mes lèvres rouges. Mais à peine avais-je ouvert les yeux qu’elle disparaissait dans la masse lente des anonymes.
Je me souviens alors avoir pensé: qu’est-ce qu’une Muse ne ferait pas pour voir sa créature …

(2006)

lundi 12 février 2007

Macha


La lumière jouait sur les pierres précieuses de votre collier. L’ombre de vos boucles d’oreilles glissait sur les courbes de ta nuque.
Vous étiez là, debout près de moi, inaccessible. Je n’aurais eu pourtant qu’à tendre les bras pour goûter enfin le parfum de votre peau. Quand vos yeux se posaient sur moi, j’aurais voulu alors pousser violemment la table. Puis ton corps collé contre le mien, j’aurais posé mes lèvres sur les vôtres.
Mais je restais assisse. Je ne suis plus sûr de ce que je lis dans votre regard. Pourtant quand ils s’accrochent à moi, sur le point de me révéler les mystères de votre âme, mon cœur calciné pleure de voir tes yeux se détourner.
Trop tard. Est-ce déjà fini?
D’un geste nerveux, tu lisses les plis de ta robe noire sur ton ventre. Vous me regardez une dernière fois, comme je le crois. Mais tes lèvres prononcent mon nom. Étonnée, n’espérant plus, je m’approche.
Tout le monde est sorti.
Vous rangez vos affaires en bredouillant une explication que je ne comprends pas, puis… Vos yeux noirs enlacent mon corps, vous êtes près de moi. J’aimerai te dire aujourd’hui combien tes gestes m’ont été précieux. Vous m’avez embrassée. D’abord timidement, pour m’apprivoiser. J’étais déjà votre. Nos corps, comme deux violences qui se rencontrent, apprennent à connaître la douceur de l’autre. Je vous ai appuyée contre la table. Vous vous êtes assisse dessus. Vos mains dans les boucles de mes cheveux, j’ai remonté doucement votre robe.
Plus personne ne nous attendait.
La vie était à nous, Macha.

À celle qui a capturé mon cœur dans le rubis de sa bague
(Automne 2006)

jeudi 8 février 2007

la Rose écorchée


Elle, est ma Satine
Mon miroir de vérité
Elle, seule a su me guider
Elle, je l'ai volée à Pâris
Celle
Qui a tenu Napoléon
Qui a mélangé ses jupons
A ceux des dames du monde

Comme une rose emprisonnée
Par un fil de fer aux pointes glacées
Elle, a grandi parmi les orties, admirée

Mystérieuse femme aux mélancoliques douceurs
Que cache-t-elle derrière ses gestes sensuels?
Une blessure qui saigne, pour toujours éternelle?
Elle, est une rose écorchée dans son cœur

Elle, est ma création
Et ce pauvre Pygmalion
A sa poésie, jalouse ses dons

Elle, est la chimère de mes rêves
Envoûtante créature, merveille
De douceur. "Délicieuse enfant",
Auraient dis les peintres vieillissant
Sans jamais réussir pourtant
A recréer, a refléter seulement
La passion qui l'animait

Mon amour dévastateur
Seul, a réussi à la capturer
Mais combien de temps, combien d'heures
La belle Hélène restera-t-elle à mes côtés?

(Automne 2006)

mercredi 7 février 2007

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mardi 6 février 2007

entracte poétique...


La cigarette
Douce Catherine,
Ton visage se dessine
Dans les arabesques tristes
Du souffle de l’artiste…


Félin, fait l’autre
Les chats mangent
De la poésie élastique
Elles sont aux anges
Ces petites bêtes sympathiques!