Chapitres

mercredi 31 janvier 2007

"Un cadavre" ou le fétichisme


La pièce était vide. Mais justement, l’absence des autres me faisait ressentir comme une intruse. Je me dirigeais, mal à l’aise, vers le petit tableau au fond de la salle. Je le regardais pour passer le temps et je serais aujourd’hui incapable de vous dire ce qu’il représentait. J’allais retourner près de la porte lorsque j’aperçu, là, sur la table de bois, un petit morceau de papier où elle avait griffonné un mot à la hâte. Je tournais la tête en direction de la fenêtre. Personne. Je le saisis. Elle avait marqué dessus, comme si cela m’était destiné, « Un cadavre » et avait souligné ses mots. Elle dit souvent qu’elle écrit mal. Le deuxième a consistait en un trait horizontal et le r semblait s’être volontairement fondu dans le v. Pourtant j’avais réussi à déchiffrer ses « pattes de mouches. Mon dieu! Comme j’écris mal! Pardonnez-moi. »
Le bout de papier était le coin d’une feuille fatiguée. Le côté droit était parfaitement lisse mais celui du bas avait été longuement mâchonné par le temps. Son opposé avait été apparemment déchiré par une main énergique tandis que pour le dernier côté, elle avait dû tenter de le découper avec une règle. Un trait d’encre mauve indiquait que quelque chose d’autre était déjà inscrit sur cette feuille avant qu’elle ne la mutile. Ce mélange hétéroclite résumait bien la personne, ou du moins, ce que j’avais pu en voir. De plus, l’encre noire de ses deux mots me rappelait, avec plaisir, la couleur dont elle préférait se vêtir.
J’approchais le papier de mon nez. C’était horrible! Il avait son odeur. Cette femme m’obsédait depuis le premier jour où je l’avais rencontré et je tenais à présent, entre mes mains, le parfum de ses gestes. Alors que ma mémoire a du mal à retracer les traits d’un visage, il est rare que mon esprit oublie un parfum ou une voix. Et il était lentement entrain d’imprégner mes doigts. Je portais le papier à mes lèvres. Merci! Il n’avait aucun goût sinon celui du papier. S’il avait eu la saveur de sa peau, j’aurais été capable d’en déchirer un morceau et de le lécher lentement jusqu’à ce que mon âme, épuisée d’amour, me demande grâce.
J’ai rangé ma trouvaille dans une boîte en fer où sont mélangés mes trésors. Entre un morceau de dentelle, des baguettes asiatiques et l’emballage d’un sachet de thé, l’écriture de Catherine repose.

(janvier/février 2007)

mardi 30 janvier 2007

Des roses pour Hélène


Elle presse doucement sur ses lèvres humides
Un bouquet de roses vides
D'un parfum amer
Aux nuances princières
Les fleurs respirent son haleine
La belle actrice s'appelle Hélène
Il paraît qu'elle est née dans un théâtre
Pas loin des marches de Montmartre

Le bouquet de roses encore palpitantes, et reposant
Dans une de ses mains veinées par le temps
Elle salue le public comme une timide reine
L' actrice aux longs cils s'appelle Hélène
Les froufrous de sa longue robe rouge, tels les jupons du soleil
Laissent échapper un parfum de vanille, de musc et de miel.

Toi ma Muse, intouchable beauté
J'aurais aimé pouvoir te murmurer:
"Je joncherais de roses ton chemin
Une fleur pour chacun de tes pas
Pour qu'à l'avenir tu ne te perdes pas
Je te tiendrais tendrement par la main"

Des roses pour Hélène

Car tu es ma plus grande joie et ma plus grand peine
Toi ma Muse, mon Hélène

Des roses pour Hélène

(2005)

dimanche 28 janvier 2007

Echec et Mat


Apprends
à sursauter dès que tu entends un bruit
à te retourner quand tu marches dans la rue
à sentir mon regard haineux sur toi
à souffrir mes remarques glaçantes
Apprends
que tu es ma proie la plus fragile, la plus facile
que je fais durer le plaisir
que la mise à mort est un art
que la vengeance est la matière où j'excelle
Apprends
de tes erreurs les plus mortelles
des expériences les plus cruelles
Apprends
que la fuite est inutile
que la chasse à commencer...

Je n'arrêterai
Que quand tu seras
Échec et Mat
Prêt à rendre l'âme
Je l'enfermerai dans un flacon
Pour faire peur aux enfants
Je n'arrêterais
que quand j'aurais
gagner la partie
quand tu seras enfin
Échec et Mat

(A Adrien)
(début 2006)

samedi 27 janvier 2007

les Mots


Tous ces mots que nous ne dirons pas
Tous ces mots qui ne sortiront pas
De nos bouches endormies
Ils ne franchiront jamais nos lèvres mutilées,
Déformées, par tant d'années de silence.
Notre vie à présent sera comme un mur de patience.
Nous avons toujours vécu dans un monde de sourds-muets
Où même les sentiments n'osent se montrer.
Mais que sont ces mots qui brûlent nos corps
Et refroidissent nos âmes?
Symptômes magnétiques et malicieux,
Les mots que nous ne pouvons dire
S’inscrivent alors sur mon corps.
Dans les traces rouges qui zèbrent mon poignet
Peu de personnes y liront ma détresse.
Réveillons dès à présent en nous, les sons et les odeurs
Pour que notre vie ne s'écrive plus sur une page blanche...

(Mai 2006)

Petite présentation

Voilà longtemps que je voulais créer un blog où j'exposerais les poèmes ou les textes que je n'ose pas montrer. A présent, c'est fait!
Je ne pourrais pas le mettre quotidiennement à jour car l'inspiration est capricieuse et ces temps-ci il est rare qu' Hélène vienne me voir. Je vous prie donc d'excuser par avance la lenteur de la publication. Sachez que si je ne poste pas, cela ne veux pas dire que je ne lis pas vos commentaires.
Je suis élève en première année de fac en Lettres Modernes. Mais avant l'obtention de ma licence, j'espère bien pouvoir publier un livre que je suis actuellement en train d'écrire.
En ce qui concerne mes poèmes, il s'agit le plus souvent de prose poétique ou de petits textes décrivant une scène. Les thèmes que j'aborde peuvent parfois choquer mais derrière mes mots désespérés et pessimistes se cachent l'espoir. La mort, l'homosexualité, l'absence de l'autre, le suicide, ma muse... j'aborde aussi quelques fois des sujets d'actualité ou historiques. Mais s'il y a certains textes que vous ne comprenez pas, n'hésitez pas à me poser des questions, j'essayerais d'y répondre le plus sincèrement possible.
Merci, cher(e) inconnu(e), pour votre regard compréhensif...

Note: Tous les textes sur ce blog ont été écrits par moi-même (sauf indication contraires). Ne vous aviser donc pas de les "emprunter". Mais si vous ne pouvez pas vous en empêcher mettez au moins mon pseudo et un lien vers mon blog.