Chapitres

lundi 12 février 2007

Macha


La lumière jouait sur les pierres précieuses de votre collier. L’ombre de vos boucles d’oreilles glissait sur les courbes de ta nuque.
Vous étiez là, debout près de moi, inaccessible. Je n’aurais eu pourtant qu’à tendre les bras pour goûter enfin le parfum de votre peau. Quand vos yeux se posaient sur moi, j’aurais voulu alors pousser violemment la table. Puis ton corps collé contre le mien, j’aurais posé mes lèvres sur les vôtres.
Mais je restais assisse. Je ne suis plus sûr de ce que je lis dans votre regard. Pourtant quand ils s’accrochent à moi, sur le point de me révéler les mystères de votre âme, mon cœur calciné pleure de voir tes yeux se détourner.
Trop tard. Est-ce déjà fini?
D’un geste nerveux, tu lisses les plis de ta robe noire sur ton ventre. Vous me regardez une dernière fois, comme je le crois. Mais tes lèvres prononcent mon nom. Étonnée, n’espérant plus, je m’approche.
Tout le monde est sorti.
Vous rangez vos affaires en bredouillant une explication que je ne comprends pas, puis… Vos yeux noirs enlacent mon corps, vous êtes près de moi. J’aimerai te dire aujourd’hui combien tes gestes m’ont été précieux. Vous m’avez embrassée. D’abord timidement, pour m’apprivoiser. J’étais déjà votre. Nos corps, comme deux violences qui se rencontrent, apprennent à connaître la douceur de l’autre. Je vous ai appuyée contre la table. Vous vous êtes assisse dessus. Vos mains dans les boucles de mes cheveux, j’ai remonté doucement votre robe.
Plus personne ne nous attendait.
La vie était à nous, Macha.

À celle qui a capturé mon cœur dans le rubis de sa bague
(Automne 2006)

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