Chapitres

samedi 24 février 2007

le Déjeuner de la Vengeance


Que l'expression "la vengeance est un plat qui se mange froid" est utile! Elle justifie la lâcheté des gens qui l'utilisent. Puisqu'ils n'ont pas su contre-attaquer rapidement ou trouver un mot d'esprit qui aurait désarçonné l'ennemi, ils décrètent, par cette seule phrase et comme si elle était le destin même, qu'ils seront vengés.
Non, la vengeance n'est pas un plat qui se déguste froid. Au contraire. Il faut le manger quand il est encore chaud.
C'est comme un morceau de pain grillé. Il est parfois si brûlant que vous avez du mal à le garder plus de trois secondes dans votre main. Étalez dessus le beurre de l'impatience et laissez-le fondre. Il s'insinue dans tous les petits cratères de la tartine. Mais que serait la vengeance sans la confiture du désir? Élastique et sucrée, elle coule du morceau de pain et s'écrase en grosses gouttes molles sur la table.
Le meilleur, pourtant, est encore de boire la vengeance. Elle est un chocolat chaud dont la mousse de la culpabilité s'évapore sur vos lèvres. Son odeur douceâtre vous fait oublier la honte. Comme de la haine liquide, elle brûle votre langue et coule avidement dans vos veines.

(début 2006)

Poème publié dans le deuxième numéro du webzine Vers à Lyre.

5 commentaires:

lange-noir a dit…

Il est vrai que la vengeance qui se consomme trop tard ressemble plus à de la rancune...

Rose Acide a dit…

c'est très juste. merci d'être passé sur mon blog.
bisous

Cléscendo a dit…

Je n'aurais jamais pensé à la vengeance de cette façon! Et celle-ci m'interpelle, me fait réfléchir...

Anonyme a dit…

ah! ( le voila ce fameux texte ^^)...
merci Rose Acide ^^...
Niak©

NiaK© a dit…

On est le 1er décembreu!^^...
Qu'esquifont à "Vers à Lyre?"...^^...raaaaaa!
NiaK©